PRIX DE LA PLUS BELLE POESIE DE MONTAGNE

1erPRIX : « La trace » et « Descente de Claire Demange (68830 Durtol)

2ème PRIX : « Voyage » de LJB (74370 Naves Parmelan)

3ème PRIX : « Traces » de Marie-Claude Pailler (87300 Peyrat De Bellac) 


 

1ER prix : « La trace » de Claire Demange

 

Au pied de ta falaise

Tu reposes

Sans tendresse

Juste

La trace

De ta promesse

Sur la paroi

Le pied au pied s’élance

Place au ballet

D’amour et de sang

T’agripper souple

Dans l’a-vif

 Du rocher

Le défi d’une prise

Occulte l’absolu

Sauf la nudité du rocher

Son grain corrosif

Son animalité minérale

 Tu crées une alchimie du geste

Se coller à toi

La main s’arrache

La pierre brûle

Allume l’or

Dans la fissure

Frappée par le soleil

 L’étincelle

Nourrit

L’amour contraire

De chair et de pierre

 Elève la main écorchée

Aussi nue déchirée

Que ta roche éclatée

 Si elle embrase le sommet

S’affranchit de la pierre

Alors s’accomplit la promesse

 Tu offres dans le ciel

La trace immense des étoiles

Ultime tendresse

 

2ème prix : « Voyage » de LJB

 


Ma montagne

De gris et de froid

Le chemin

Dans le vieux matin

Pierres noires

L’une derrière l’autre

Sombres branches

Sans joie et sans feuilles

La montée

L’automne en silence

Au sommet

La chanson du vent

Puis au loin

Un immense ciel

Une vague blanche

Et je rêve

 

3ème prix : « Traces » de Marie-Claude Pailler


Traces odorantes et puissantes

Dans les sentiers bourdonnants de l’été

Où l’homme est allé

Où est allée la bête

Traces des troupeaux

Longue coulée de laine

Glissant autour des rochers de l’alpage

Etrange fleuve vivant et doux

Traces fugaces et éphémères

Sur le blanc de l’hiver

D’une vie menue et affairée

Qui passe repasse et s’efface

Traces de silence et de vent

Du rapace qui là-haut écorche

De son vol et de son cri

L’espace dur et vide

Traces de la cordée lueurs mouvantes

Etincelle sonore du piolet

Echo ténu des dernières étoiles

Aux franges engourdies du jour et de la nuit

Traces arabesques fugitives

Ivres de vertige et d’audace

Que les spatules écrivent

Dans la longue pente bleue

Traces au long des parois

De la mort guettant dans l’ombre

Toutes ces âmes insolentes et joyeuses

Rêvant de puissance et de gloire

Traces des forces primaires

Sur le rocher strié sur le versant ravagé

Sur les doigts écorchés

Sur les visages griffés

Et trace de chacun de nous

Sur les pentes inconnues de la vie

Dans l’intemporelle et bouleversante

Beauté du monde