LE MOT DU PRÉSIDENT Michel MORICEAU


Par  une fantaisie de la  langue française, la montagne est «  féminine ».

 

Les vallées et  les pentes, les arêtes, les crêtes se prêtent à la randonnée, à l’escalade et … à l’agriculture, autant de possibilités pour les femmes de se distinguer par leur force, leur détermination, leur abnégation.

 

Skieuses, grimpeuses se couvrent de médailles  alors que dans les fermes d’altitude, d’autres femmes s’illustrent à la tête de leurs petites cordées de  poules et de chèvres, de vaches laitières et de  mères lapines en attente de  finir dans une  terrine aux herbes sauvages.

 

Par la grâce de leur volonté,  toutes ont surmonté des épreuves et se jouent des intempéries.

 

Leur proximité avec la nature, que ce soit l’eau,  les fleurs ou la roche, la  pierre, leur donne de la hauteur : celle d’une harmonie  avec leur terre,  avec la  conscience de mesurer, d’une journée à l’autre, les  vraies richesses  de la  vie en altitude.

 

Animées  par la joie, elles partagent une foi inébranlable. Elles traversent les modes,  balayent les idées reçues. Si elles se réfugient dans l’authenticité d’une relation privilégiée avec  la montagne, elles savent mieux que personne porter les couleurs d’une discrète ambition : celle de faire la course en tête.

 

Elles œuvrent pour la vie. Elles  sont la mémoire, incarnent  l’espérance, et savent, à l’occasion, trouver les phrases qui rassurent et consolent une gente masculine à la peine dans sa  vaine conquête de  toute – puissance et d’inutilité.

 

Par  leurs aptitudes à se battre,  par la noblesse de leurs attitudes, les femmes  qui écrivent  sur la montagne  sont les étoiles  indispensables d’une littérature  d’ouverture et de solidarité où par leur présence  humaine,  elles élèvent  leurs voix.

 

La logique est leur mise  en lumière, et, pour  cette 28ème  rencontre à Passy, c’est « la femme qui agit ! »